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 L'inertie syndicale n'est pas une fatalité !

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bugsy
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Date d'inscription : 16/04/2015

MessageSujet: L'inertie syndicale n'est pas une fatalité !    Ven 5 Fév - 8:43

Un texte de notre camarade Claude Malter sur le site  " Les Eaux troubles" http://www.les-eaux-troubles.net/

Les diverses manifestations syndicales de ces derniers jours montrent bien la différence de traitement qui est faite aux uns, qui battent le pavé sans résultat, et les autres, qui brûlent des pneus sur le périphérique parisien et qui sont reçus le jour même à Matignon. Il est clair maintenant que les recettes traditionnelles d'un syndicalisme, qui préfère les tables rondes de la négociation plutôt que l'établissement d'un rapport de force, ne permettront jamais de faire évoluer la situation sociale en France. Le mouvement des taxis doit-il être notre exemple ? Pouvons-nous espérer le moindre changement sans rapport de force ?

Alors que la presse se fait relativement clémente sur le niveau de participation des manifestants unitaires des syndicats CGT, FO, Solidaires et FSU, ne cherchant même plus à se livrer à la bataille traditionnelle des chiffres comparés entre ceux des syndicats et ceux de la préfecture de police, les journalistes préfèrent focaliser leur attention sur les actions spectaculaires des chauffeurs de taxi. Il a donc suffit de bloquer le périphérique parisien durant quelques heures, le temps d'un spectacle dont les caméras raffolent, pour provoquer un choc dans les esprits du pouvoir. Car en effet, tandis que des milliers de fonctionnaires respectent sagement l'itinéraire prévu par la préfecture de police pour manifester « tranquille », il a suffit de la démonstration de force de quelques chauffeurs en colère pour se faire entendre par Manuel Valls. Certes, le combat n'est apparemment pas terminé, car les chauffeurs de taxi appellent à reconduire leurs actions, tandis que les fonctionnaires se contentent déjà d'un « coup de pouce » de Marylise Lebranchu sur le point d'indice. Cette revalorisation restera limité bien entendu, les caisses de l’État étant vides. C'est la rançon d'une timidité syndicale qui tranche promptement avec la combativité des chauffeurs de taxi, pris à la gorge par une concurrence déterminée... avec la complicité du gouvernement.

Cette combativité rappelle celle des fameux bonnets rouges, petits patrons bretons qui s'attaquent franchement aux portiques servant à récolter l'écotaxe et n'hésitant pas à bloquer une région par des actions musclées et spectaculaires en octobre 2013. La masse des manifestants a réussi à faire plier le gouvernement sur un projet d'envergure, destiné à faire payer les chauffeurs de poids-lourds selon le principe de « pollueurs payeurs ». Cet échec du gouvernement a été facturé au prix fort aux contribuables à hauteur de 403 millions d'euros au titre des indemnités dues à la société Ecomouv', prestataire chargé de l'opération, et 390 millions au titre des créances, sans parler des salariés licenciés de cette société et du démantèlement coûteux des portiques. Le gouvernement s'est pris en pleine figure la combativité sans faille de manifestants... qui ont su créer un rapport de force favorable à leurs revendications. Leur succès nous est d'un enseignement qu'on ne peut négliger.

Tandis que les patrons remportent toutes les batailles sur le front de la lutte des classes, les salariés subissent les pires régressions sans broncher. Constatant l'anomie malgré des attaques incessantes sur le droit du travail, le pouvoir peut se permettre d'aller plus loin encore dans sa tentative de démolition des conquis sociaux en communiquant sans complexe sur la fin des 35 heures. Et lorsque Philippe Martinez est interrogé sur les « 61 principes essentiels » de Robert Badinter, il se contente de jouer sur les mots, estimant que les salariés ont besoin de règles et non de principes.

Il est extrêmement regrettable de constater que le secrétaire général de la CGT ne soit pas plus inspiré que cela pour dénoncer les régressions sociales en cours. Le texte proposé n'est pourtant rien d'autre qu'un recueil infantilisant à l'usage de salariés qu'on présume apparemment peu aptes à comprendre à quel point on s'occupe bien de leur avenir. Quel intérêt à réaffirmer l'interdiction de la discrimination quand l'égalité professionnelle n'est pas prête à gagner du terrain ? Quel intérêt à réaffirmer l'interdiction du harcèlement quand les conditions de concurrence effrénée conduisent forcément au harcèlement ? On ose même préciser en son article 8 que le travail des mineurs de moins de seize ans est interdit... en rappelant très vite les exceptions légales ! Quel est l'intérêt de tout ce charabia ? La CGT risque de payer très cher son inertie à l'heure de luttes que le patronat remporte sans coup férir. Ses actions de lobbying suffisent à convaincre le gouvernement qu'un ciblage du monde du travail suffit à relancer l'économie du pays. Or, le sujet n'est absolument pas syndical, mais politique. Dans l'incapacité d'imposer des choix politiques sous la surveillance étroite des institutions européennes, le gouvernement préfère s'attaquer aux travailleurs plutôt qu'à l'oligarchie européiste.

Si le syndicalisme français, en particulier la CGT, veut survivre malgré le démantèlement systématique du droit du travail, c'est maintenant qu'il faut réagir, non par des sorties sympathiques pour respirer l'air parisien muni de banderoles, mais par une réflexion approfondie sur les moyens d'action permettant d'établir un rapport de force pour reconquérir les droits perdus. Les beaux parleurs, qui vous baratinent pour affirmer que le syndicalisme « à la papa », c'est fini, ont évidemment tort. Ce sont les mêmes qui fragilisent le syndicalisme en cherchant à négocier le poids des chaînes des salariés et qui, derrière leur bureau, ne risquent pas grand chose. Les salariés ne doivent pas accepter cette situation. Ce n'est qu'à travers d'âpres luttes que nous regagnerons du terrain. Les patrons nous en font la démonstration. Pourquoi resterions-nous l'arme au pied ?
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