RÉVOLUTION OU BARBARIE


 
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 Primaires démocrates aux USA

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bugsy
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MessageSujet: Primaires démocrates aux USA   Sam 6 Fév - 14:40



Le ton est parfois monté, jeudi 4 février, entre les deux prétendants à l’investiture démocrate pour la présidentielle américaine, Hillary Clinton et Bernie Sanders. Au cours d’un débat télévisé dans le New Hampshire (nord-est des États-Unis), chacun a affiché fermement sa différence pour convaincre les électeurs de cet État, avant les primaires du mardi 9 février.

Le sénateur du Vermont, qui prêche une révolution politique (?????), y est donné largement en tête dans les sondages. Le dernier, publié plus tôt dans la journée et établi pour NBC, The Wall Street Journal et Marist, le créditait de 58 % des intentions de vote, contre 38 % à l’ancienne secrétaire d’État.



C'est surtout une course à qui ramassera le plus d'oseille pour être le candidat démocrate. Néanmoins, nous n'oublions pas les déclarations guerrières de la dame de Wall street. En 2013, cette cinglée envisageait un possible déclenchement de conflit avec les Russes si elle était élue.


Dernière édition par bugsy le Sam 6 Fév - 15:07, édité 5 fois
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bugsy
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MessageSujet: Re: Primaires démocrates aux USA   Sam 6 Fév - 14:47

Bernie Sanders sénateur "socialiste" du Vermont semble damer le pion chez les jeunes à la va-en-guerre représentante de Wall Street.

Citation :
Les jeunes démocrates fraîchement inscrits pour voter succombent en masse à Bernie Sanders, sénateur de 74 ans aux sept petits-enfants, posant à sa concurrente Hillary Clinton un problème de taille au moment où la course à la Maison Blanche se resserre.


L'ancienne First Lady et secrétaire d’État, qui tente pour la seconde fois de conquérir la présidence américaine, a dû admettre qu'elle avait besoin de mieux communiquer avec les jeunes électeurs.

En effet, dans les sondages, le sénateur du Vermont écrase Hillary Clinton chez les démocrates de moins de 30 ans. Selon une enquête d'opinion de l'université du Massachusetts/Lowell publiée vendredi, il est soutenu par 89% des jeunes votant dans le New Hampshire, où les primaires se tiennent mardi.

Lors de la primaire lundi dans l'Iowa remportée sur le fil par Mme Clinton, il a engrangé 84% des suffrages des électeurs âgés de 17 à 29 ans.

Les raisons fréquemment citées pour ce succès: son projet de "révolution politique" visant à limiter l'avidité de Wall Street et les dons des milliardaires dans les campagnes électorales, à fournir une assurance santé universelle et une scolarité universitaire publique gratuite, ou encore à légaliser le cannabis.

De nombreux étudiants de l'université du New Hampshire, où les frais de scolarité avoisinent 17 000 dollars par an, s'identifient à ce message mais certains s'interrogent sur sa capacité à tenir ses promesses.

"C'est à coup sûr très intéressant d'entendre Bernie Sanders et sa campagne tournée vers la base qui s'est presque métamorphosée en énorme phénomène", souligne Kelly Pedersen, 18 ans.

Née pendant le second mandat de Bill Clinton à la Maison Blanche, elle confie pencher pour les démocrates avant ce qui sera son tout premier vote.
"La dette étudiante est une partie importante de nos vies", relève-t-elle auprès de l'AFP. "C'est peut-être un homme beaucoup plus vieux mais ce qui fait écho chez la plupart (des jeunes) c'est qu'il pense à notre génération parce qu'il sait que nous sommes l'avenir."

Pour Kendre Rodriguez, 21 ans, il est très facile de comprendre l'appel de Sanders, en particulier dans son fief de la Nouvelle Angleterre (nord-est).
"Il raconte une histoire vraiment très belle et mener une bonne campagne politique dépend en partie de votre réussite à entrer en symbiose avec l'opinion", estime cette étudiante en commerce.

L'une des critiques les plus fréquentes adressées à Hillary Clinton porte sur le fait que son message concernant l'expérience met trop l'accent sur elle-même, tandis que Bernie Sanders consacre davantage de temps à dire aux électeurs ce qu'il va faire pour eux.

Un sondage de l'université Quinnipiac place vendredi les deux rivaux au coude à coude au niveau national, avec 44% pour elle et 42% pour lui et 11% d'indécis. En décembre, elle avait 30 points d'avance.

D'Mahl McFadden, étudiant de 22 ans dans le domaine sportif et indépendant au niveau politique, hésite entre Bernie Sanders et Marco Rubio, le jeune sénateur de Floride en plein essor chez les républicains.

Qu'apprécie-t-il chez Sanders ? C'est un "mec cool".

"Il semble vraiment s'intéresser aux gens", explique cet admirateur du président Barack Obama, particulièrement critique à l'égard de Mme Clinton et de Donald Trump, en tête des sondages pour le camp républicain.

"J'ai beaucoup de mépris pour eux", relève-t-il. "Il y a toute une part d'elle (Hillary) que nous ne connaissons tout simplement pas. Je ne lui fais tout simplement pas confiance."

Même son de cloche chez Kyle McCrory, étudiant en russe et en relations internationales de 22 ans, concernant la candidate démocrate. Mais il a aussi beaucoup de réserves concernant M. Sanders.

"Hillary semble un peu fuyante et peu digne de confiance", explique-t-il. "Elle semble très hors de propos auprès des jeunes électeurs et toutes ses tentatives pour s'en approcher semblent très artificielles."

Certes Sanders parvient à parler aux étudiants mais le jeune homme s'inquiète de ses chances de pouvoir gagner dans un pays où son "socialisme démocrate" autoproclamé inspire la défiance. "C'est un peu un gros mot aux États-Unis", relève M. McCrory.

De son côté, Jack Sullivan dit avoir une préférence pour Marco Rubio tout en reconnaissant être impressionné par l'ancienne Première dame.
"Certains étudiants ne comprennent pas que si (Sanders) devient président nous allons devoir payer pour la gratuité des universités et payer aussi pour nos propres études", avance cet étudiant en marketing de 20 ans. "C'est un peu naïf tout ça."

"Beaucoup de jeunes électeurs ne saisissent pas l'aspect fiscal", abonde Nicholas Tougias, étudiant en finances et partisan de Clinton, âgé de 20 ans. "Ils ne comprennent pas que nous allons devoir payer des impôts pour payer toutes ces choses." Source : AFP (Agence Fausse Presse)
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bugsy
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MessageSujet: Re: Primaires démocrates aux USA   Sam 6 Fév - 15:20



Les souvenirs qu’elle laisse derrière elle en tant que First Lady, sénateur de l’État de New York et secrétaire d’État sont bien connus – systématiquement pro-guerre, pro-business, pro-Wall Street, pro-machine de guerre et d’assassinats israélienne, anti-peuple, anti-démocratie, anti-État de droit, avec une feuille de route dirigée contre la nation où elle vit.

Il y a quelques jours, elle a juré de renforcer les liens entre Washington et Israël «en passant à un niveau supérieur», disant que si elle était élue Présidente, elle travaillerait avec Netanyahou à «renforcer et intensifier encore plus notre coopération militaire» – ce qui veut dire, en clair, un partenariat renforcé au sujet des guerres régionales, ainsi que le soutien à la terreur génocidaire exercée contre le peuple palestinien sans défense.

Elle est totalement anti-Iran. L’option militaire «ne devrait pas être écartée», répète-t-elle – accusant sans arrêt et de manière irresponsable Téhéran d’un «comportement provocateur». C’est pourtant le pays qui dans la région se fait l’avocat de la paix et de la stabilité, à l’abri des menaces nucléaires et autres armes de destruction massive.

Vue son idéologie extrémiste, la probabilité d’une attaque américaine contre la République islamique augmenterait considérablement avec elle comme Président – et cela vaut aussi pour une guerre nucléaire contre la Russie.

Elle n’a pas hésité à comparer la Russie à l’Allemagne nazie, affirmant que Poutine avait des projets revanchards, disant de lui qu’il est «un agent du KGB, donc par définition sans âme».

Elle donne la priorité à l’usage des armes nucléaires, les qualifiant de gardiennes de la paix, et veut que l’Otan, emmenée par les États-Unis, agisse de façon plus agressive.

Elle incarne ce que les pacifistes déplorent, un incorrigible faucon outrancier, soutenant des guerres d’agression sans fin, aussi bien que des intérêts financiers dont les peuples font exclusivement les frais.

Sa rhétorique n’est que de la poudre aux yeux. L’été dernier, elle paraissait plus républicaine que progressiste, en disant :

   «Je veux être le Président des PME, et je veux le dire. Au cours de cette campagne je vais vous dire comment donner plus de moyens aux entrepreneurs avec moins de bureaucratie, un accès plus simple au crédit, des réductions d’impôts et une simplification des procédures.»

Elle donne l’illusion d’une croissance économique stimulée par la réduction des impôts sur les sociétés et d’autres mesures réclamées par les entreprises – sans programme pour lutter contre le chômage, aujourd’hui au niveau de celui de la Grande Dépression (contrairement aux chiffres truqués du Ministère du Travail), le sous-emploi ou la réduction de la pauvreté.

Rien sur la délocalisation des emplois hors des États-Unis qui se poursuit vers des pays aux salaires de misère. Rien non plus pour aider les millions de nouveaux pauvres en Amérique.

Wall Street serait en de bonnes mains avec elle à la Maison-Blanche – tout le contraire de cette tribune parue le 7 décembre dans le New York Times, titrée Hillary Clinton : comment je serrerai la vis à Wall Street.

Elle ment en affirmant qu’Obama a rendu à l’économie américaine sa bonne santé – c’est vrai uniquement pour les intérêts des sociétés et des privilégiés, et aux dépens de tous les autres.

Les emplois qu’elle se félicite d’avoir créés sont pour la plupart des emplois non qualifiés, des bas salaires ou des emplois sans avantages sociaux, des emplois à temps partiel ou temporaires – obligeant des millions de gens à en exercer deux ou plus pour survivre, souvent très difficilement, tout le contraire de ce qui se passait pendant des décennies, du temps où l’Amérique industrielle était forte.

Les prétendus lois et règlements dont elle dit qu’ils «protègent les consommateurs et restreignent l’impudence de Wall Street» n’existent pas. Les sales business le sont encore plus maintenant. C’est la complicité entre Démocrates et Républicains qui a permis tout cela.

Absolument rien ne protège les gens ordinaires de Wall Street ni de la prédation des autres grandes sociétés. Clinton ment, quand elle dit que «si j’étais Président, je refuserais non seulement toute loi qui affaiblirait une réforme financière, mais je me battrais aussi pour de nouvelles lois plus strictes, des moyens renforcés pour leur mise en application, et un domaine d’intervention qui irait au-delà du Dodd-Frank» [textes adoptés en 2010, censés réguler la sphère financière après la crise des subprimes, NdT].

Ses interventions publiques montrent qu’elle est un bon allié pour Wall Street. Sa défense des gens, qu’elle rappelle toujours, est une pure invention. Elle représente le Mal absolu, contrairement à l’image qu’elle veut faire passer d’elle, tout cela est transparent, on le découvre facilement dès qu’on écoute ses lamentables discours et interventions publiques.

Son plan pour maîtriser Wall Street donne tous les pouvoirs à ses principaux acteurs, comme jamais auparavant. Les financiers de sa campagne, notamment Citigroup, Goldman Sachs, JP Morgan Chase et Morgan Stanley, achètent ainsi l’influence nécessaire pour s’assurer qu’une présidence Clinton soutiendra leurs intérêts.

Sa promesse qu’elle se servira de son autorité en tant que Président pour «réorganiser, réduire et finalement briser toute institution financière qui serait trop importante et présenterait trop de risques pour être gérée efficacement» est l’un de ses nombreux Grands Mensonges, et elle ne peut même pas le cacher.

Une concentration plus forte de l’industrie et une spéculation sans frein continueront de plus belle sous sa supervision. Son mari Bill a été responsable de la fin de Glass-Steagall [le Banking Act de 1933 aux États-Unis qui instaurait notamment la séparation entre banques de dépôt et banques d’investissement, ainsi que le système fédéral d’assurance des dépôts bancaires, et qui fut abrogé sous l’administration Clinton] (et Hillary s’oppose à sa réintroduction) et a mis en application le Commodity Futures Modernization Act – la fin du contrôle réglementaire des produits financiers dérivés.

Hillary s’est associée sans honte aux crimes de son mari, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur. Son obsession est d’accaparer toujours plus de richesse et de pouvoir.

La Fondation Clinton est une entreprise à but lucratif, se cachant sous le masque d’une ONG – utilisant maintenant par avance les ambitions présidentielles d’Hillary, récupérant des millions de dollars de dons venant de provenances étrangères peu fréquentables, notamment d’un membre de la famille royale saoudienne et d’un oligarque ukrainien corrompu.

Si elle était élue, elle continuerait le sale business comme avant, soutenant les intérêts financiers, spécialement les requins de Wall Street et les profiteurs de guerre.

Ils seraient en de bonnes mains avec elle à la Maison Blanche. Pourquoi croyez-vous qu’ils mettent des millions dans sa campagne ?

Stephen Lendman
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bugsy
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MessageSujet: Re: Primaires démocrates aux USA   Sam 6 Fév - 15:53

S’il se définit lui-même comme « socialiste », autant dire communiste aux États-Unis, Bernie Sanders est plus proche du modèle redistributif de la social-démocratie scandinave. Ses mesures mêlent lutte contre les inégalités, taxation des plus riches, redistribution par le biais de programmes sociaux plus développés, législation pénalisante pour les gros pollueurs, interventionnisme moindre au Moyen Orient, extension des droits civiques, démantèlement des mesures les plus restrictives du Patriot Act… Des propositions aptes à séduire la gauche du parti démocrate mais, semble-t-il désormais, au-delà. Le sénateur du Vermont appuie son discours sur une ré-intervention citoyenne dans l’espace public :

   Le moment est venu de dire haut et fort que trop c’est trop. Cette merveilleuse nation et son gouvernement appartiennent au peuple et pas à une poignée de milliardaires, à leurs super PACs et à leurs lobbyistes.

Bernie Sanders  cible singulièrement les jeunes. Le 19 mai dernier, quelques jours avant l’annonce de sa candidature, lors d’un « Ask Me Anything » sur le site Reddit (un échange informel avec les internautes), il a rappelé combien il lui semblait « important que les jeunes Américains comprennent l’importance de la politique et le rôle du gouvernement ». « C’est une tragédie que, lors de la dernière élection, environ 80% des jeunes n’aient pas voté. C’est exactement ce que la classe dirigeante de ce pays souhaite et il faut changer ça. »

Lire le portrait de Sanders réalisé par le site : http://www.anti-k.org/2016/02/02/qui-est-bernie-sanders-le-socialiste-qui-talonne-hillary-clinton-pour-la-primaire-democrate-aux-etats-unis-reponse-en-10-declarations-sans-concessions/
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bugsy
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MessageSujet: Re: Primaires démocrates aux USA   Mar 9 Fév - 11:23

Sanders et la feinte vers la gauche de la politique capitaliste


Quatre jours avant la première élection de la primaire présidentielle, Bernie Sanders, le prétendu « socialiste démocratique», avait dans le New Hampshire une avance de plus de 15 pour cent sur la favorite pressentie à l’investiture démocrate, l’ancienne secrétaire d’État Hillary Clinton.

Le premier sondage national pris après l’arrivée presque à égalité de Sanders et Clinton dans l’Iowa, a montré que le sénateur du Vermont avait fait un bond à l’échelle nationale et qu’il était juste derrière Clinton (42 contre 44 pour cent). Si cela se confirme dans les prochains sondages, ce serait le signe d’un changement remarquable de sentiment politique par rapport à il y a trois mois où Clinton battait encore Sanders 61 contre 30 pour cent.

Le soutien croissant pour Sanders signale un changement radical dans l’environnement politique aux États-Unis et par conséquent dans le monde. Il est d’autant plus remarquable dans un pays où les idées socialistes ont été supprimées et exclues du discours politique officiel pendant trois quarts de siècle.

Ces trois dernières décennies en particulier ont vu baisser de façon extraordinaire le niveau de la culture politique, même par rapport aux normes de la politique américaine. L’environnement politique a été tout à fait stagnant, dominé par une glorification incessante de la richesse et par l’exclusion de tout ce qui ressemble à une véritable opposition. Chaque discours présidentiel sur l’État de l’Union, y compris celui du président Obama le mois dernier, comprenait l’assurance inévitable que les choses allaient bien en Amérique.

Les grands médias ont perfectionné l’art de créer une opinion publique artificielle sans aucun rapport avec les vrais sentiments de la grande majorité de la population et d’utiliser ensuite ce prétendu consensus public pour justifier la politique réactionnaire de la classe dirigeante. Le large soutien à Sanders et la crise de la campagne de Clinton, prétendument imbattable, ont pris l’ensemble de l’establishment politique et médiatique par surprise et ont mis en évidence le caractère frauduleux de ce qui passe pour l’opinion publique.

Particulièrement remarquable est la radicalisation chez les jeunes, qui s’étaient rangés à 84 pour cent du côté de Sanders, contre14 pour cent à Clinton, dans les ‘caucus’ de l’Iowa. Sanders mène devant Clinton par des écarts similaires chez les votants probables de 30 ans et moins aux primaires démocrates du New Hampshire, selon les sondages les plus récents.

Catherine Rampell, auteure de chroniques au Washington Post, admettait à contrecœur le 5 février que la génération actuelle des jeunes, à laquelle elle appartient, « aime Sanders non pas malgré son socialisme, mais à cause de lui... Beaucoup d’entre nous sont également entrés sur le marché de l’emploi au moment où le capitalisme débridé est apparu pour faire exploser l’économie mondiale. Peut-être pour cette raison, cette génération semble effectivement préférer le socialisme au capitalisme. »

Le soutien pour Sanders est entièrement lié à ses professions d’hostilité intransigeante vis-à-vis de l’aristocratie financière dominant la société américaine. Dans le débat du New Hampshire le 4 février au soir, Sanders a de nouveau déclaré que « le modèle d’affaires de Wall Street est une fraude, » tout en réitérant sa critique de Clinton pour avoir accepté des millions en contributions de campagne et honoraires de conférencier de Goldman Sachs et d’autres grandes institutions financières. Toute la première heure du débat a été consacrée à une discussion sur le rôle néfaste de la grande entreprise et à la question de savoir si les grandes banques devaient être « découpées » pour éviter une répétition du krach de 2008 à Wall Street.

La montée de Sanders est une réponse à des décennies de guerre et de réaction qui ont abouti à l’effondrement financier de 2008 et à ses effets dévastateurs sur les conditions sociales aux États-Unis. Au fur et à mesure que les conséquences de la crise mondiale du capitalisme se faisaient sentir – destruction des emplois bien rémunérés, politiques d’austérité des gouvernements capitalistes dans le monde, développement des forces d’Etat policier pour réprimer l’opposition de la classe ouvrière et guerres sans fin de l’impérialisme américain – des dizaines de millions de travailleurs et de jeunes ont commencé à tirer des conclusions de plus en plus radicales.

Il y a des signes de panique dans la campagne de Clinton et l’establishment du Parti démocrate en général. Non pas qu’ils considèrent Sanders comme une menace pour le capitalisme ou la domination politique de l’élite patronale et financière. La classe dirigeante connait le « socialiste indépendant » du Vermont depuis longtemps. Pendant des décennies, d’abord à la Chambre des représentants, puis au Sénat, il a participé aux caucus du Parti démocrate, soutenant chaque candidat démocrate à la présidentielle et chaque administration démocrate.

Toujours traité avec respect, on l’a considéré comme un atout politique précieux, offrant une couverture de gauche au Parti démocrate et répandant l’illusion que ce parti capitaliste de droite était en quelque sorte un parti progressiste du peuple.

Mais la crédibilité des démocrates comme parti populaire a été massivement minée par sept ans d’administration Obama. Dans cette situation, le grave danger pour la classe capitaliste américaine est l’émergence d’un mouvement politique en dehors du système bipartite, qui remette en question la domination des super-riches sur tous les aspects de la société américaine. Bernie Sanders n’est pas le héraut d’un tel mouvement, mais un faux prophète, qui n’est ni authentiquement socialiste, ni véritablement indépendant.

Le Parti de l’égalité socialiste évalue l’importance de la campagne Sanders non par ses promesses de campagne, ou les illusions de ceux qui le soutiennent maintenant, mais sur la base d’une analyse marxiste des rapports de classe objectifs et d’une perspective internationale fondée historiquement.

La montée du « socialiste » du Vermont n’est pas un phénomène purement américain, mais l’expression américaine d’un processus international. Dans tous les pays, sous l’impact de la crise économique mondiale du capitalisme, la classe dirigeante a mis en avant des partis bourgeois de « gauche » pour détourner l’opposition de masse dans une direction inoffensive. Tel est le rôle de figures comme Jeremy Corbyn, le chef nouvellement élu du Parti travailliste britannique, de Podemos en Espagne, qui manœuvre actuellement pour former un gouvernement avec les sociaux-démocrates discrédités. Dans les cas extrêmes, comme en Grèce, la « gauche » a été mise au pouvoir sous la forme du gouvernement Syriza et chargée de la responsabilité d’imposer aux masses une politique d’austérité capitaliste.

Léon Trotsky, le co-leader de la Révolution d'Octobre 1917 en Russie, a expliqué comment la classe dirigeante manipule le système politique dans le cadre de la démocratie bourgeoise. « La bourgeoisie capitaliste se dit : », écrivait-il, « je susciterai, quand j'en aurai besoin, des partis d'opposition qui disparaîtront aussitôt après avoir rempli leur mission en donnant à la petite bourgeoisie l'occasion de manifester son indignation sans causer le moindre préjudice au capitalisme. » (Terrorisme et communisme, Chapitre 3, La démocratie : la dégénérescence impérialiste de la démocratie).

Si l’aristocratie financière américaine pensait que Sanders représentait une vraie menace pour ses intérêts, elle ne le mettrait à la télévision nationale pour qu’il prononce ses jérémiades devant un public de masse. L’élite dirigeante a plus d’un siècle d’expérience dans l’utilisation de tels personnages pour manipuler le sentiment de masse et protéger le système de profit contre un défi venu d’en bas. Cela comprend les efforts de partis tiers comme le Parti populiste dans les années 1890, le Mouvement progressiste au début du 20e siècle, le Parti agraire ouvrier de Robert La Follette dans le Wisconsin dans les années 1920 (et des groupes connexes dans le Minnesota et le Dakota) et le parti progressiste de Henry Wallace en 1948. Toutes ces campagnes étaient tôt ou tard dissoutes et rentrèrent dans le Parti démocrate.

Dans le dernier demi-siècle, l’élite dirigeante a cherché à éviter les tentatives importantes de partis tiers de « gauche » en utilisant le Parti démocrate lui-même comme principal véhicule pour contenir et dissiper l’opposition populaire de masse à l’élite dirigeante américaine, que ce soit au sujet de la guerre de Vietnam, de l’attaque violente des luttes ouvrières dans les années 1980, des guerres sans fin au Moyen-Orient ou de la croissance vertigineuse des inégalités sociales. Eugene McCarthy et Robert Kennedy en 1968 et George McGovern en 1972 ont été suivis par Jesse Jackson en 1984 et 1988, Howard Dean en 2004, et maintenant Bernie Sanders.

Considéré dans ce cadre historique, ce qui est remarquable à propos de Sanders est la vacuité de son prétendu radicalisme. Il est beaucoup moins radical en politique intérieure que les Populistes, les campagnes présidentielles anti-Wall Street de William Jennings Bryan, ou le Parti agraire ouvrier. Dans le domaine crucial de la politique étrangère, il est pratiquement impossible de le distinguer d’Obama ou d’Hillary Clinton, et il les attaque même depuis la droite sur des questions comme le commerce avec la Chine. Lorsqu’on lui a posé directement l’an dernier la question de son attitude face à l’intervention militaire américaine à l’étranger, il a déclaré qu’il supportait les « drones, tout cela, et plus encore. »

Si Sanders gagne finalement l’investiture démocrate et la présidence, il trahira les aspirations de ses partisans de façon flagrante et à une vitesse extraordinaire. Mille excuses seront présentées pour expliquer pourquoi les guerres doivent continuer à l’étranger et pourquoi on ne peut rien faire pour freiner Wall Street sur le plan domestique.

Sanders n’est pas le représentant d’un mouvement de la classe ouvrière. Il est plutôt le bénéficiaire temporaire d’une montée d’opposition populaire qui n’en est qu’à son premier stade de différenciation sociale et de classe.

Le Parti de l’égalité socialiste se félicite de tous signes de mouvement vers la gauche et de radicalisation des travailleurs et des jeunes. Les conditions objectives de la crise capitaliste et la guerre impérialiste sont les forces motrices d’un profond mouvement à gauche dans la conscience des dizaines de millions de gens. Mais il n’y a rien de plus méprisable que de se montrer complaisant vis-à-vis des illusions qui caractérisent l’actuelle étape initiale du développement de la conscience de classe et de l’opposition populaire, et de s’y adapter. C’est là la spécialité des divers appendices pseudo de gauche de la classe dirigeante et du Parti démocrate.

Il est légitime pour les socialistes authentiques d’adopter une attitude sympathique et patiente envers la croissance de l’opposition populaire, mais il est politiquement inacceptable de s’adapter sur le plan politique au niveau de compréhension prévalent dans ce mouvement. Il est nécessaire d’exposer la contradiction entre la démagogie sociale de Sanders et son programme bourgeois, sans suggérer qu’il peut être poussé vers la gauche par une pression populaire d’en bas.

La tâche dont se charge le Parti de l’égalité socialiste est d’ouvrir une nouvelle voie au mouvement de la classe ouvrière et de jeter les bases d’un élargissement et d’un approfondissement de la radicalisation, d’une rupture définitive d’avec le Parti démocrate et d’avec toutes les formes de politique bourgeoise, et de l’établissement de l’indépendance politique de la classe ouvrière. C’est là la base essentielle de la transformation de l’opposition croissante en mouvement politique et révolutionnaire conscient pour le socialisme international. La condition préalable de cette tâche est de dire la vérité à la classe ouvrière.

(Article paru d’abord en anglais le 6 février 2016)
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bugsy
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MessageSujet: Présidentielle US : un casting au potentiel dévastateur   Mer 10 Fév - 14:49

Présidentielle US : un casting au potentiel dévastateur



Après les huit ans bling bling du libidineux Clinton, les huit ans de sang du corporate-pantin Doobleyou, nous achevons donc les huit ans de vide absolu de Barak Hussein Obama, premier Président noir des États-Unis, mais uniquement cela.

Huit ans durant, le bonhomme se sera en effet contenté de paraître, de cultiver dans un même élan son image, ses abdos et sa famille-potiche pour survendre la fiction hollywoodienne de son personnage. Huit ans durant, il aura ainsi été sublime et martial jusqu’au grotesque dans chacune de ses apparitions, parfaitement dressé par une armée de communicants-nounous à jouer comme personne du rythme, des intonations et des silences de ses récitations, à s’indigner ici, ou à pleurnicher là, pour émouvoir la ménagère et humidifier la groupie de rédaction avec sa human touch de papier glacé. Huit ans de communication pure donc, huit ans de simulacre, de vide, huit ans pour rien. Barak Hussein Obama n’aura même pas été un mauvais président. Il n’aura rien été du tout. Et c’est sur ce vide sidéral que s’engage désormais le casting pour le prochain Potus (President of the United States), avec un potentiel cette fois réellement dévastateur pour l’Empire.

Ciao pantin

Comme de coutume depuis Clinton, l’ère d’Obama se terminera donc par l’obligatoire petite farce filmée sensée nous prouver que l’homme était bel et bien un être humain comme vous et moi, avec un cœur et de l’humour. La pantalonnade donnera ensuite le coup d’envoi à l’avalanche de bobo-analyses où les plumitifs de la presse-Système tenteront le bilan de huit ans de vide pourtant seulement rempli par une mesurette sociale, d’ailleurs promise au démontage républicain, et des discours, des postures et encore des discours.

Évidemment, il s’en trouvera qui mettront à l’actif de la speakerine US sortante la réintégration de l’Iran dans le grand concert des nations (rions un peu), alors même qu’elle répondait à une évidente nécessité stratégique de la machinerie de l’Empire dans sa guerre contre l’Asie pour le contrôle du pipelineistan (lire ici : http://lesakerfrancophone.fr/syrie-sang-contre-petrole-lultime-guerre-du-pipelinestan), et qui donc serait survenue même avec Pluto dans le bureau ovale.



En réalité, la sortie d’Obama des écrans cathodiques-Systèmes sera un non-événement conforme à l’essence même de sa Présidence.

Ce qui nous intéresse en revanche, ce qui nous intéresse beaucoup, c’est la suite bien sûr.

En route vers l’éclatement ?

Chez les démocrates, en pole position provisoire figure l’inénarrable hystéro-récidiviste Hillary Clinton, dont le destin oscille désormais entre l’investiture et l’inculpation pour cause de divulgation d’e-mails top-secrets. Bien sûr, après nous avoir mystifiés avec un premier Président noir comme gage de l’éternel renouvellement de la flamboyante démocratie US, l’establishment-Système rêve de nous rejouer le coup avec cette fois la première Présidente US femme de l’Histoire, histoire justement d’endormir encore une fois tout le monde pour 8 ans.



Sauf que la dame en question est désormais dans la ligne de mire du FBI et pourrait bien se retrouver inculpée en cas de chute de popularité. Or elle est opposée à un outsider qui non seulement se revendique comme anti-establishment, mais qui a le mauvais goût de grimper dangereusement dans les sondages. La victoire de Bernie Sanders aux primaires porterait ainsi un coup de grâce politique définitif à la l’ex-première Dame éconduite, façon «He came, He saw, She died» («Il est venu, il a vu, elle est morte»).

De l’autre côté de l’échiquier, la compétition républicaine met aux prises l’hyper-milliardaire aussi halluciné qu’hallucinant, Trump, également autoproclamé anti-establishment, défié sur son hyper-droite par Cruz, un menteur invétéré texan.

La possibilité d’un duel final entre deux candidats échappant à tout contrôle de l’establishment, Trump et Sanders, est donc une réelle possibilité qui constituerait dès lors un tournant quasi révolutionnaire et potentiellement destructeur pour la matrice-Système étasunienne. Et peu nous importe dès lors de juger de la qualité des personnalités en lice, tant la victoire d’une Hillary, que toute notre presse-Système bobo-atlantiste trouverait parfaitement acceptable, serait pourtant la garantie d’un océan supplémentaire de sang et de violence à travers le monde. Et puis, venant d’un clergé politico-médiatique européen qui fait à longueur d’année la promotion du totalitarisme bruxellois et de la déconstruction sociale, les jugements de valeur sur les uns ou les autres ont nécessairement quelque chose de profondément risible.

L’important est ailleurs. Et il réside tout entier dans le caractère hautement explosif de la situation étasunienne pour la pérennité de sa petite routine nihiliste.



La réjouissante panique qui gagne l’establishment à Washington-Disney, et qui pousse un autre milliardaire pro-Système cette fois, Michael Bloomberg, à vouloir claquer sa fortune pour sauver les meubles, nous apparaît donc un signe encourageant de l’accélération de la crise d’effondrement de l’État imposteur étasunien, dont la chute est pour nous à la fois le préalable et le détonateur nécessaires à l’effondrement attendu du Système néolibéral dont il est la matrice.

Source : http://www.entrefilets.com/potus_2016_un_casting_au_potentiel_devastateur.html
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bugsy
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MessageSujet: comme si l'avenir dépendait de qui est à la tête de l'État    Mer 10 Fév - 15:05

Comme si l'avenir dépendait de qui est à la tête de l’État et non pas du rapport de forces entre capital et travail

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MessageSujet: Re: Primaires démocrates aux USA   

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Primaires démocrates aux USA
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